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Risque de déréférencement : comment repérer les signaux avant qu’il ne soit trop tard ?

  • Photo du rédacteur: Claire Brunaud
    Claire Brunaud
  • il y a 11 minutes
  • 6 min de lecture
Risque de déréférencement

La référence est toujours présente dans le catalogue. Elle figure encore dans les accords commerciaux et aucun distributeur n’a officiellement annoncé son retrait.


Pourtant, sur le terrain, quelque chose a changé.


Les volumes diminuent, certains dépôts ne la vendent plus et le nombre de clients finaux recule progressivement. Pris séparément, ces mouvements peuvent paraître anodins. Mis bout à bout, ils peuvent signaler une perte de vitesse suffisamment importante pour fragiliser le maintien du produit dans l’assortiment.


Le risque de déréférencement n’apparaît donc pas toujours au moment où la décision est annoncée. Il peut se construire plusieurs mois auparavant, dans les sorties d’entrepôts, la diffusion du produit et l’évolution de sa clientèle.


Encore faut-il disposer des bons indicateurs pour le voir venir.



Un produit référencé n’est pas forcément un produit actif


Le référencement obtenu lors des négociations commerciales donne à une référence la possibilité d’être vendue dans le réseau du distributeur. Il ne garantit pas qu’elle soit réellement active dans chaque dépôt ni qu’elle génère des ventes régulières auprès des utilisateurs finaux.


En Foodservice, cette nuance est importante.


Les données sell-in permettent de suivre les produits vendus par l’industriel à ses distributeurs. Elles donnent une première lecture des volumes livrés, mais elles peuvent être influencées par les stocks et les rétrocessions entre entrepôts.


Les données sell-out complètent cette vision. Elles renseignent, selon le niveau de détail transmis par le distributeur, les références vendues, les volumes sortis, les dépôts actifs, le nombre d’utilisateurs finaux et leur typologie.


C’est cette lecture qui permet de vérifier si le produit est réellement présent dans les ventes ou s’il commence à disparaître progressivement du terrain.



Premier signal : une baisse régulière des volumes sell-out


Une diminution des volumes ne signifie pas automatiquement qu’un produit sera déréférencé. Elle constitue néanmoins le premier signal à examiner.


L’analyse doit porter sur plusieurs périodes comparables. Un recul isolé peut être lié à la saisonnalité, à un décalage de commande ou à une opération réalisée le mois précédent. Une baisse répétée, en revanche, mérite une attention plus soutenue.


Il faut notamment observer :

  • l’évolution par rapport à l’année précédente ;

  • la régularité de la baisse ;

  • les références ou zones qui concentrent le recul ;

  • la différence entre la tendance sell-in et la tendance sell-out.


Cette dernière comparaison est particulièrement utile. Des livraisons encore stables peuvent masquer un ralentissement des sorties réelles. Le distributeur continue alors à recevoir le produit, mais celui-ci se vend moins vite auprès des clients finaux.


Le risque n’est pas encore officiellement exprimé. Il commence pourtant à se matérialiser dans la rotation.



Deuxième signal : une vente moyenne mensuelle qui s’érode


Le volume cumulé donne une photographie générale. La vente moyenne mensuelle, ou VMM, renseigne davantage sur le rythme de vente.


Une référence peut conserver un volume annuel correct grâce à quelques commandes importantes, tout en enregistrant une diminution progressive de sa vitesse de sortie. Ce ralentissement peut être moins visible dans une lecture globale.


Comparer la VMM de la période à celle de l’année précédente permet d’identifier :

  • une perte de régularité ;

  • un essoufflement après une opération commerciale ;

  • une dépendance à quelques pics de vente ;

  • une baisse diffuse sur plusieurs dépôts.


La VMM fait partie des indicateurs pouvant être suivis par référence et par dépôt dans l’analyse des données sell-out.


Elle aide à distinguer une contre-performance ponctuelle d’un affaiblissement plus structurel.



Troisième signal : le recul du nombre de dépôts actifs


Un produit peut rester performant au niveau national tout en disparaissant progressivement de certains entrepôts.


C’est souvent ainsi que le risque devient difficile à percevoir. Les bons résultats de quelques dépôts compensent la baisse ou l’arrêt des ventes ailleurs. La performance consolidée reste acceptable, mais la couverture réelle du réseau se réduit.


Il faut donc suivre le nombre de dépôts dans lesquels la référence génère effectivement des sorties.


Une diminution peut indiquer plusieurs situations :

  • le produit n’est plus proposé localement ;

  • il est toujours référencé, mais peu activé ;

  • les équipes commerciales du dépôt ne le recommandent plus ;

  • sa clientèle s’est réduite ;

  • les ventes sont concentrées dans un nombre limité d’entrepôts.


Avant de conclure, il faut toutefois tenir compte des rétrocessions entre dépôts. Elles peuvent fausser une lecture fondée uniquement sur les livraisons directes et attribuer la performance au mauvais entrepôt. Le rapprochement avec les données sell-out permet de mieux comprendre les flux réels.



Quatrième signal : moins d’utilisateurs finaux achètent la référence


Une référence peut conserver ses volumes pendant un temps tout en perdant progressivement des acheteurs.

Quelques clients importants augmentent leurs commandes et compensent la disparition de plusieurs petits comptes. Le chiffre global tient encore, mais la base de clientèle devient plus étroite.


Le nombre d’utilisateurs finaux apporte donc une lecture complémentaire.


S’il diminue alors que les volumes restent stables, la performance devient plus concentrée. Si les volumes et le nombre de clients baissent simultanément, le signal est plus net : le produit perd à la fois en diffusion et en activité.


Cette évolution peut également être analysée par typologie de clients. Selon les informations fournies par le distributeur, les données sell-out peuvent distinguer les types, sous-types et sous-sous-types d’utilisateurs finaux.


Les équipes peuvent alors vérifier si la baisse concerne l’ensemble des marchés ou uniquement un segment précis.



Cinquième signal : la performance dépend de quelques dépôts ou clients


Une forte concentration n’est pas nécessairement un problème. Certaines références répondent naturellement aux besoins d’une clientèle ou d’une zone particulière.


Elle devient toutefois un facteur de fragilité lorsque la performance repose presque entièrement sur quelques dépôts ou utilisateurs finaux.


La perte d’un seul client important peut alors provoquer une baisse brutale des résultats. De la même manière, le désengagement d’un dépôt très contributeur peut remettre en question la performance globale de la référence.


Pour évaluer ce risque, il est utile de regarder la répartition des volumes :

  • entre les différents entrepôts ;

  • entre les segments de clients ;

  • entre les références d’une même gamme ;

  • entre les périodes avec et sans activation commerciale.


Cette analyse aide à mesurer la solidité réelle de la performance. Elle permet aussi de repérer les zones dans lesquelles la référence doit encore gagner en diffusion.



Le recul est identifié : comment réagir ?


Détecter un risque de déréférencement n’a d’intérêt que si l’équipe peut transformer le constat en plan d’action.


La première étape consiste à localiser précisément le problème. La baisse concerne-t-elle tous les distributeurs, un réseau particulier, quelques dépôts ou une typologie de clients ? Est-elle propre à une référence ou touche-t-elle l’ensemble de la gamme ?


Il faut ensuite rechercher les causes possibles avec les équipes concernées. Les données indiquent où la performance se dégrade, mais elles n’expliquent pas toujours pourquoi.


Le produit peut souffrir d’un manque de visibilité, d’un assortiment mal adapté, d’une activation insuffisante ou d’une baisse de la demande sur certains marchés. Ces hypothèses doivent être confrontées aux retours terrain et aux échanges avec le distributeur.


Enfin, le plan d’action doit être ciblé. Il peut s’agir de relancer certains dépôts, de travailler un segment de clients, d’adapter l’argumentaire ou d’évaluer l’efficacité d’une opération commerciale.

L’objectif n’est pas de défendre la référence à tout prix. Il est de déterminer si elle dispose encore d’un potentiel exploitable et quelles actions permettraient de le confirmer.



Préparer l’échange avec le distributeur


Face à une référence en difficulté, arriver avec une simple baisse de volumes laisse peu de place à une discussion constructive.


Un rendez-vous mieux préparé s’appuie sur une lecture complète :

  • évolution des volumes ;

  • vente moyenne mensuelle ;

  • nombre de dépôts actifs ;

  • nombre et typologie des utilisateurs finaux ;

  • concentration de la performance ;

  • comparaison avec les périodes précédentes.


Ces informations permettent de présenter un diagnostic plus crédible et de proposer des actions adaptées à la réalité du réseau.


Le fournisseur et le distributeur peuvent alors discuter de la performance observée à partir d’une base commune. Les données sell-out deviennent un support pour évaluer les actions passées et construire les prochaines étapes, plutôt qu’un simple bilan présenté au moment des négociations.



Passer d’une alerte tardive à un suivi régulier pour contrer le risque de déréférencement


Dans la pratique, ces indicateurs sont souvent répartis dans plusieurs fichiers distributeurs, avec des formats, des référentiels et des fréquences de transmission différents.


Cette dispersion complique le suivi. Lorsqu’il faut reconstruire manuellement l’analyse à chaque période, les équipes peuvent détecter le recul une fois qu’il est déjà bien installé.


Une solution de pilotage des données sell-out comme KaryonFood permet de centraliser et d’harmoniser ces informations afin de suivre les performances par référence, dépôt et utilisateur final. L’objectif est de rendre visibles les évolutions suffisamment tôt pour que les équipes puissent les analyser et agir.


Un risque de déréférencement ne se lit généralement pas dans un indicateur isolé. Il apparaît dans l’accumulation de plusieurs signaux : des volumes qui reculent, une rotation qui ralentit, des dépôts qui deviennent inactifs et une clientèle qui se réduit.


Attendre l’annonce officielle revient souvent à intervenir trop tard.

Le meilleur moment pour défendre une référence reste celui où sa baisse peut encore être comprise, discutée et corrigée.


karyonfood

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