top of page

Plan commercial Foodservice : comment construire ses objectifs au-delà du « N-1 + 5 % » ?

Photo du rédacteur: Claire Brunaud
Claire Brunaud
il y a 13 minutes
5 min de lecture


Plan commercial Foodservice

La préparation du plan commercial commence souvent par un chiffre. Une ambition de croissance est fixée, puis répartie entre les distributeurs, les régions et les gammes. Les résultats de l’année précédente servent de référence, auxquels on applique une progression attendue.


Cette approche donne un cap. Mais elle laisse parfois une question essentielle sans réponse : d’où viendront les ventes supplémentaires ?


Pour un directeur commercial Foodservice, l’enjeu consiste à construire des objectifs que les équipes peuvent comprendre, défendre et traduire en actions. Une région doit-elle développer sa présence dans de nouveaux dépôts ? Un distributeur peut-il mieux vendre les références déjà actives ? Certaines typologies de clients finaux méritent-elles davantage d’attention ?


Les données sell-out apportent un éclairage pour passer d’une ambition globale à un plan commercial fondé sur des leviers identifiés.



Comprendre ce qui a réellement porté les résultats de l’année écoulée avec le plan commercial foodservice


Avant de fixer les prochains objectifs, il faut comprendre la performance qui sert de point de départ.


Une hausse des ventes au distributeur peut refléter une demande soutenue. Elle peut aussi s’expliquer par une constitution de stock, l’anticipation d’une opération promotionnelle ou une commande exceptionnelle. À l’inverse, une baisse ponctuelle des commandes ne signifie pas nécessairement que les produits se vendent moins auprès des clients finaux.


Croiser le sell-in et le sell-out permet de mieux qualifier la dynamique commerciale. Le premier renseigne les ventes de l’industriel à ses distributeurs ; le second éclaire les ventes réalisées par ces distributeurs auprès de leurs clients finaux.


Cette lecture aide à distinguer les progressions qui semblent s’installer dans la durée de celles qui reposent sur un événement ponctuel. Elle permet aussi d’observer si la croissance est largement répartie ou concentrée sur quelques références, dépôts ou segments de clientèle.


Les comparaisons doivent toutefois porter sur des périmètres cohérents : mêmes périodes, unités compatibles et couverture de données comparable. Un distributeur nouvellement intégré à l’analyse peut, par exemple, faire progresser le volume observé sans traduire une croissance de l’activité à périmètre constant.


Pour la direction commerciale, ce travail permet de construire les objectifs sur une base explicable, en identifiant ce qui peut raisonnablement être reconduit et ce qui demande une action supplémentaire.



Identifier les leviers de croissance derrière chaque objectif


Un objectif national peut masquer des situations très différentes. Chez un distributeur, les produits sont déjà largement diffusés, mais leurs ventes progressent peu. Chez un autre, certaines références fonctionnent bien dans les dépôts actifs, tout en restant peu déployées dans le réseau.


Ces situations appellent des plans commerciaux distincts.


L’analyse des données sell-out peut aider à explorer plusieurs leviers :


  • Élargir la diffusion des références, en identifiant les dépôts dans lesquels leur présence pourrait être développée.

  • Renforcer les ventes dans les dépôts déjà actifs, en travaillant l’assortiment ou l’animation commerciale.

  • Développer certaines typologies de clients finaux, lorsque les données disponibles permettent de les distinguer.

  • Remettre en dynamique une activité en recul, après avoir compris les causes du décrochage.


Un écart de performance constitue cependant un point de départ pour l’investigation. Il ne suffit pas, à lui seul, à prouver l’existence d’un potentiel immédiatement accessible. L’absence de ventes peut être liée à un problème de disponibilité, à un assortiment inadapté ou à une clientèle différente.


La donnée permet de formuler une hypothèse commerciale, que les échanges avec les KAM, les responsables régionaux et les distributeurs viennent préciser. C’est cette confrontation qui transforme une opportunité apparente en levier crédible pour le plan commercial.



Fixer des objectifs adaptés à chaque situation


Appliquer le même taux de croissance à toutes les régions est simple à présenter. C’est parfois plus difficile à justifier auprès des équipes.


Une région dans laquelle les références prioritaires sont déjà largement diffusées ne dispose pas des mêmes perspectives qu’un territoire encore peu développé. De même, un distributeur qui vient d’intégrer une nouvelle gamme ne se pilote pas comme un partenaire dont l’assortiment est installé depuis plusieurs années.


La construction des objectifs gagne donc à prendre en compte le niveau de développement actuel, la dynamique observée et les leviers réellement mobilisables.


L’objectif de ventes peut alors être accompagné d’objectifs opérationnels : développer le nombre de dépôts vendeurs sur une gamme, améliorer les ventes moyennes dans un périmètre identifié ou renforcer l’activité auprès d’une typologie de clients finaux.


Cette démarche rend la discussion plus concrète. Les équipes peuvent expliquer sur quelles actions repose leur engagement et quels moyens seront nécessaires pour le tenir.


Elle aide également à éviter les doubles comptes. L’extension d’une gamme et une promotion peuvent concerner les mêmes ventes supplémentaires : leurs contributions ne doivent pas être additionnées automatiquement dans la projection.



Relier chaque objectif à des actions, des moyens et un responsable


Un plan commercial devient opérationnel lorsque les équipes savent ce qui est attendu d’elles.


Pour chaque levier retenu, la direction commerciale doit pouvoir préciser le périmètre concerné, l’action à engager, son responsable, son calendrier et les moyens associés. Elle doit aussi identifier les dépendances : une action terrain peut nécessiter un accord préalable du distributeur, des produits disponibles ou un soutien marketing.


Le KAM pourra porter une discussion sur le déploiement d’une gamme. Le responsable régional travaillera son activation dans les dépôts concernés. Le marketing pourra adapter les supports aux usages des clients ciblés.

L’objectif partagé doit ainsi se traduire par des responsabilités complémentaires et clairement définies.


Le suivi doit ensuite distinguer la réalisation de l’action de son résultat commercial. Une présentation de gamme effectuée ou une opération déployée marque une avancée, mais ne garantit pas encore une progression des sorties d’entrepôt.


Cette distinction permet de repérer où se situe la difficulté : dans l’exécution du plan, dans le délai nécessaire pour produire des effets ou dans l’hypothèse de départ.



Suivre les hypothèses tout au long de l’année


Le plan commercial repose sur des hypothèses qui doivent être confrontées aux résultats.


Si la croissance attendue devait venir de nouveaux dépôts vendeurs, leur activation mérite un suivi spécifique. Si elle reposait sur une meilleure performance de l’assortiment existant, il faut observer l’évolution des ventes sur ce périmètre.


Le suivi devient plus utile lorsqu’il explique pourquoi l’activité s’écarte de la trajectoire prévue. Une action encore non déployée ne demande pas la même réponse qu’une action réalisée dont les résultats restent insuffisants.


La fréquence d’analyse dépend des données accessibles. Les distributeurs ne partagent pas tous les mêmes informations, au même niveau de détail ni au même rythme. Le pilotage doit tenir compte de ces différences pour choisir des indicateurs disponibles et interprétables dans la durée.


Des points réguliers permettent alors de réviser les priorités, d’ajuster les moyens ou de reconsidérer une hypothèse avec les équipes concernées.



KaryonFood : relier la performance observée aux priorités commerciales


Construire ce plan suppose de pouvoir rapprocher des données issues de plusieurs distributeurs, souvent transmises dans des formats et des référentiels différents.


KaryonFood centralise et harmonise les données sell-out pour faciliter l’analyse des performances par distributeur, dépôt, référence ou typologie d’utilisateurs finaux, selon les informations disponibles.


Pour une direction commerciale, cette visibilité aide à identifier les zones à développer, les situations à investiguer et les leviers à travailler avec les équipes. Elle fournit une base commune pour définir les priorités et suivre leurs effets.


Un objectif de croissance devient crédible lorsqu’on sait où, comment et avec quelles actions l’atteindre. C’est tout l’enjeu d’un plan commercial construit à partir de la réalité des ventes et des possibilités du terrain.


Vous préparez votre prochain plan commercial Foodservice ? Découvrez comment KaryonFood vous aide à identifier vos relais de croissance et à orienter les actions de vos équipes.


karyonfood

Commentaires


bottom of page